03 mars 2008
ANASTASIA - Manuscrit "brut" - 1er jet en réécriture (12)
"Dieu", l'autre, va venir inspecter les lieux et accessoirement les occupants des lieux.
Dès le début de l'après-midi, une ambiance nerveuse et frénétique envahit jusqu'aux molécules d'air. Les infirmières viennent au moins dix fois vérifier que la chambre est impeccable. Malheur au journal qui traîne, au magazine ouvert ou à la boîte de chocolats entamée ! Tout ce qui n'est pas strictement médical doit être rendu invisible. Les blouses blanches entrent et sortent, vont palper le gros garçon, s'assurer que les "Ô…" de Dupont sont bien accordés… ils s'agitent pour se rassurer, en somme. Quant à moi…
Moi je suis rasé de près, lavé du mieux que j'ai pu, assis les jambes allongées sur mon lit, chemise impeccable, pantalons propres, doigts de pieds en éventail et l'air sage comme une image. Sauf les yeux. Les yeux doivent avoir une lueur particulière. Ironique, peut-être ? Les blouses blanches n'osent en tout cas pas les affronter et se dépêchent de baisser les leurs ou de regarder ailleurs si par aventure ils croisent mon regard. J'ai la vague impression que je les rends nerveux…
Seize heures tapantes. "Dieu" fait son entrée. Il est suivi d'un troupeau de moutons blancs silencieux et tendus, et d'une infirmière blasée poussant le fameux caddie à diagnostics et pronostics.
"Dieu" est un quinquagénaire élégant et très sûr de lui. Il porte une blouse blanche immaculée et amidonnée. Elle est sûrement munie de la signature d'un excellent tailleur de Bond street. Les pantalons qu'elle laisse apparaître viennent en tout cas de Londres. La chemise aussi, faite sur mesure. La cravate club… les pompes Weston… Oh My God !… God ne se mouche pas avec le coude et a une allure très British. Même le mieux habillé des moutons a l'air d'un paysan endimanché, par contraste. L'œil est noir et perçant, sous de gros sourcils broussailleux et soigneusement peignés vers le haut. Les cheveux sont argentés, coiffés en arrière, en belles vagues successives. Un patron. Un vrai Grand Patron et un homme à femmes… Sa façon de regarder Docteur Mimi et l'infirmière quand il daigne leur accorder un regard ne trompe pas… Pourtant, il est sympathique. Il n'y a pas d'arrogance, dans ce même regard. Juste une autorité naturelle, un air de dire "Je suis le meilleur, je le sais… écoutez-moi quand je parle et ne me cassez pas les pieds avec des balivernes.".
Il s'approche d'abord du gros garçon. Un médecin-assistant présente fébrilement un dossier, ânonne des explications d'une voix saccadée et serrée par l'émotion, le front couvert d'une fine pellicule de sueur… la trouille. "Dieu" écoute, hoche la tête et dit simplement "Bien. Continuez…".
Le groupe se dirige maintenant vers moi, "Dieu" en tête. Docteur Mimi a quitté les rangs et s'est placée à sa gauche, dossier à la main. "Dieu" me regarde. Un regard d'humain à humain et – effet du sourire dans mes yeux ? – un regard soudain entendu, limite complice. De mâle dominant à mâle dominant. Sans hostilité et empreint de respect.
- Bonjour Monsieur.
- Bonjour Monsieur le Professeur. Blondesen, très heureux…
De sa voix la plus assurée, Docteur Mimi commence le laïus attendu… "… Monsieur Blondesen a subi une pneumectomie… tagada… sans doute un corps étranger… nouvelle opération… tagada… choc anesthésique… tagada… drainage… je me suis personnellement occupée…". Sistolian l'interrompt. "Et moi, Mademoiselle ? Quand vous occuperez-vous personnellement de moi ?". Docteur Mimi sourit, gênée, se râcle la gorge… Derrière elle, les petits singes en blouses blanches se bidonnent. "Ah qu'il est drôle ! Ah que "Dieu" est drôle quand "Dieu" veut être drôle !". Les moins cons me jettent un regard inquiet. "Avec lui, on ne sait ja…".
- Professeur ?
- Monsieur Blondesen ?
- Vous voulez qu'elle vous fasse une pipe tout de suite, toutes affaires cessantes ou ça peut attendre ?
Le blasphème ! Gros émoi ! L'âme de Panurge flotte sur les têtes craintives… toussotements… rires qui s'étouffent… "… que faire ?… rire…?… s'offusquer…? Que va dire "Dieu"…? Que va répondre "Dieu"…?". J'enchaîne…
- Voyez-vous, Professeur, Madame est une femme ravissante. J'en conviens volontiers. Mais je n'ai quant à moi pu apprécier que son remarquable talent de médecin. Elle a suivi mon cas de très près, en effet, et je lui en suis très reconnaissant. Je dois vous dire très courtoisement que – expérience faite – ses confrères masculins auraient beaucoup à apprendre d'elle. Les messieurs qui vous accompagnent ont une très fâcheuse tendance à considérer les patients comme des bouts de viande – un bout de viande hostile en ce qui me concerne - parce que je supporte difficilement leur incompétence, leurs erreurs et leur manque d'esprit de décision. Je me permets dès lors d'émettre cette opinion tout à fait personnelle: quand les médecins ne verront plus les patients comme des bouts de viande et quand les hommes ne verront plus les femmes comme des bouts de viande à se mettre au bout de la bite, le monde ira mieux. Par ailleurs, Madame a pu observer que les drains sont en train de provoquer une infection qui pourrait avoir des conséquences fâcheuses pour ma modeste personne, aussi vous demanderais-je de me faire l'amitié d'ordonner qu'ils soient retirés dans les meilleurs délais. Vos… collaborateurs sont en effet incapables de prendre d'aussi graves décisions. En revanche, je suis sûr que vous, toutes affaires cessantes…
Un silence de plomb règne dans la chambre. Docteur Mimi est toute rose de confusion. Les petits singes regardent "Dieu" avec crainte, sûrs que sa colère va m'anéantir. Sistolian a les yeux rivés aux miens et je ne cille pas… toujours le même sourire ironique… le message, il le comprend… "Gaffe mon ami, toute ton autorité est en jeu… la Miss est mignonne, je comprends tes petites envies… mais tiens ton rang… tu es le Grand singe parmi cette armée de petits singes… si tu veux garder ta place…". Sistolian éclate de rire.
- Vous êtes sévère, Monsieur Blondesen. Votre humour est un peu… rude. Mais vous êtes danois, n'est-ce pas ? Votre nom… "Blondesen"…? Je comprends… Il jette un regard alentour qui signifie "Si vous ne comprenez pas, vous n'avez rien à faire dans mon service…". Je suis content que Madame se soit bien occupée de vous. Et bien sûr… il se tourne derechef vers le groupe d'abord figé de crainte puis hilare puisque "Dieu" est maintenant hilare… Qu'est-ce que vous attendez pour lui retirer les drains ?
Par acquit de conscience, il jette un rapide coup d'œil aux plaies débarrasées des pansements pour l'inspection. Un nuage de blouses blanches s'empresse autour de lui. Docteur Mimi est rayonnante.
- Bien sûr… Vous auriez même pu les retirer avant. Bon travail, Madame, merci. Bonne journée à vous, Monsieur Blondesen et bonne rentrée chez vous. Vous pourrez sortir dès que les plaies commenceront à cicatriser. Dans deux jours tout au plus…
- Merci, Professeur. Bonne journée à vous aussi.
Ça n'a pas traîné. Une heure plus tard, je suis dans une des salles équipées pour les petites opérations et les drains sont retirés. Docteur Mimi ne fait qu'assister à la petite intervention. Le temps d'une anesthésie locale – cette fois j'y ai droit – et de quelques points de suture. Elle veut me raccompagner jusqu'à la chambre quand tout est terminé.
- Cafète, Docteur ! Cafète ! Ça fait bientôt quinze jours que j'en rêve jour et nuit ! Je
vous offre un café.
- Vous êtes… Je lui coupe la parole et la regarde comme si elle était une ado, à mon tour…
- Mimi… - je laisse de nouveau tomber le "Docteur" avec votre permission – Je suis un vieux singe et je connais aussi bien les vieux singes que les singes… Vous êtes quant à vous un très bon médecin. Vous êtes intelligente, conscienscieuse, méthodique… et vous êtes aussi une femme. Une très jolie femme, pour le surplus. Ce n'est pas en planquant ou en occultant vos seins ou votre cul que vous le ferez oublier. Ni en vous affublant de ces hubots datant d'un autre âge. Apprenez à évoluer parmi les singes humains en restant la jolie femme que vous êtes. C'est votre regard, votre façon de parler, votre gestuelle qui feront que les autres vous respecteront ou non. Pas les stratégies artificielles et naïves que vous avez adoptées…
- Comment avez-vous deviné…!?
- Je vous l'ai dit… je suis un vieux singe… Noir ? Sucre ? Crème ?
Elle est venue me dire au revoir et m'a embrassé, quand j'ai quitté l'hôpital. Un peu comme une fille embrasserait son papa. J'étais très touché. Je ne l'ai jamais revue. J'espère qu'elle est heureuse. Un excellent médecin, une très jolie femme…
Retourné en chambre, j'ai évidemment eu droit aux reproches de DuPont. "Mon ami ! Mon ami ! Comment avez-vous osé…!?". J'ai juste soulevé ma chemise, montré les deux petits pansements recouvrant les points de suture, esquissé un pas de danse à la Chaplin… sautant en l'air et essayant de claquer les talons (pas évident, avec des sandales marocaines…)… "Pour ça…!… pour ça j'ai osé, cher ami…!". Il a été obligé de rire. Le gros garçon n'a pas bougé.
Débarrassé des drains, je n'ai plus qu'une hâte: me doucher ! Quinze jours de toilettes approximatives me donnent carrément de l'urticaire ! Après avoir soigneusement recouvert les pansements d'une feuille en plastique fixée à l'aide de sparadrap, je laisse couler l'eau longtemps… tiède… chaude… froide… tiède de nouveau… je revis. Sorti de la douche, je m'inspecte devant le miroir. Punaise… j'ai fondu… le teint est terreux, les traits creusés… Bon. Il va falloir se mettre au régime patates et pâtisseries… pas vraiment mon truc, mais un supplice non plus. On va voir ça tout de suite… Je file à la cafète. Double ration de tarte aux pommes "Vous avez de la chantilly ? Oui !? Beaucoup de chantilly, s'il vous plaît ! Beaucoup… beaucoup… beaucoup !". Je téléphone à Mette… à Carl et Marian… à des tas d'autres amis… J'ai une envie folle de partager ma joie d'avoir retrouvé cette liberté de bouger. Ils me passent tous une douche froide. Question douches, je suis servi… "Fais attention à toi… sois prudent… ne fais pas de bêtises… ne prends pas froid… fais attention aux courants d'air…". Marre ! J'ai envie de vivre !
Après le dîner, j'entends DuPont qui se plaint à l'infirmière. "Ô Divine Madame ! Me feriez-vous la grâce d'aider Morphée en ces heures incertaines où mes yeux vieillissants ne distinguent plus le chien du loup… où les flots noirs du Styx précèdent les doigts de rose de l'aurore…?". L'infirmière le regarde… un peu ahurie. Elle ne comprend pas ce message poétique…
"Il voudrait un somnifère…". J'aide un peu… "Monsieur DuPont dort très mal… Il lui faudrait une double dose…". J'aide un peu beaucoup… beaucoup… Oui, vous avez bien suivi la manoeuvre… ? Je suis un parfait salaud. Et très content de l'être. Il n'est que dix-neuf heures et Astrid prend son service à vingt-deux… L'infirmière me regarde, rassurée par ce langage civilisé. "Je vais voir avec le médecin de garde… je reviens.". DuPont me lance un regard éperdu de reconnaissance "Merci mon ami… je savais que je pouvais compter sur vous pour expliquer aux Béotiens…".
Astrid arrive, ponctuelle. Vingt-deux heures. Entre DuPont et le gros garçon, c'est à qui ronflera le plus fort… Elle jette un œil aux deux formes endormies et s'approche de moi. Elle tire quand même le rideau de séparation… on ne sait jamais… "J'ai vu dans le Journal que vos drains… et que Monsieur DuPont…". Elle n'en dira pas plus…
Plus tard dans la nuit, nous nous sommes retrouvés dans le fumoir… Les couloirs sont déserts, les seules lumières sont celles de la ville qui pénètrent à flots doux et tamisés par la grande fenêtre. Astrid est vraiment une fille superbe… une amoureuse imaginative et douée…
- Nous ne nous reverrons pas… enfin je ne pense pas…
- Ah ? C'est dommage…
- Peut-être… peut-être que non… Je suis mariée… je ne vous l'ai pas dit. Vous ne pouviez pas le savoir… je n'ai jamais porté pas d'alliance au travail… question d'hygiène…
- A vrai dire… je ne me suis jamais posé la question. C'était sans importance. C'était vous, c'était moi… deux regards qui se trouvent et se comprennent… les gestes naturels qui suivent les désirs exprimés par les regards… c'est tout simple…
- Oui… tout simple… mais la réalité reprend le dessus…
- Vous aimez votre mari ?
- Non… nous sommes sur le point de divorcer… il faut que je fasse attention…
- Cela faisait longtemps que vous n'aviez plus…
- Oui… très longtemps… trop longtemps… En vous voyant… je ne sais pas pourquoi… j'ai tout de suite eu envie… je voyais bien que vous n'étiez pas indifférent… depuis le temps que mon mari me regarde comme un plat de spaghetti froids…
- Vous êtes très belle, pourtant… très sexy aussi… Elle chasse la mèche rebelle et me sourit…
- Nous avons… assouvi un fantasme. Enfin moi en tout cas… Jamais je n'ai eu ce comportement avec un patient…
- Je ris… J'ai connu des infirmières… quand j'étais tout jeune… mais elles étaient infirmières justement… Chez moi depuis, c'est rédhibitoire… Vous c'est différent. Je n'ai vu que la femme sous la blouse… je n'ai même pas vu la blouse… plutôt ce qui était dessous ! Elle rit aussi.
- Nous nous sommes compris avec peu de mots…
- En effet… ce serait dommage de ne pas voir ce que donnerait une suite avec mots… ou peut-être que non… je ne sais pas…
- C'est ma dernière nuit… Demain, je pars quinze jours chez des amis… à Saint-Trop'… Je veux m'amuser. Oublier…
- Oui, bien sûr… je comprends… vous ne sortez pas d'une histoire pour en commencer une nouvelle… Je ne suis pas libre non plus, à vrai dire… pas vraiment…
- Vous êtes marié aussi ? Mais non ! Je l'aurais vu dans votre dossier !
- Non… divorcé depuis belle lurette… j'ai une amie… une compagne…
- Vous l'aimez ?
- Oui, je crois… avec des hauts et des bas. Vous savez… je ne suis pas fait pour vivre en couple. C'est parfois difficile, pour une femme… Elle est en vacances, elle veut réfléchir à la suite… petite crise…
- Moi ça me conviendrait… une "non vie de couple"… en ce moment en tout cas…
- Je la regarde. Elle a l'air un peu lointain… rêveur… Astrid… l'amour… le bonheur…, on complique souvent tout. Aujourd'hui on veut ou voudrait ça… et demain le contraire de ça…
- Oui… Mais comme vous dites… je n'ai pas envie de commencer une nouvelle histoire. Il faut d'abord que je termine l'ancienne… Mon avocate entame une procédure dès mon retour. Je l'ai vue cette après-midi…
- Ah... Je comprends. Vous avez raison pour maintenant, sans doute.
- Vous êtes un type bien… On m'a raconté pour Sistolian… Mes collègues étaient écrasées de rire… Elles n'aiment pas beaucoup les médecins, surtout les femmes médecins… Elles ont quand même été épatées. Vous avez été… très chevaleresque.
- Bof… J'ai été juste. J'ai surtout été moi-même… ou fidèle à ce que j'aimerais être.
- C'est à dire ?
- Etre un homme… ne pas considérer les femmes comme des êtres inférieurs. Les traiter en égales tout en adorant nos différences !
- Vous avez réussi, dans ce cas…
- Merci…
- Je vous rappelerai à mon retour… mais… Je peux vous appeler Per ? Ou Pierre ? Je préfère "Pierre"…
- "Per" ou "Pierre", c'est sans importance…
- Sans rien promettre, nous sommes d'accord ?
- Nous sommes parfaitement d'accord.
- Alors je crois que nous pouvons…
- … nous dire tendrement…
- Oh Pierre… oui…
Je n'ai pas beaucoup dormi, cette nuit-là…
L'infection superficielle des plaies a été rapidement maîtrisée et deux jours plus tard enfin… enfin j'ai pu rentrer chez moi, l'âme presque en paix. J'étais amaigri, fatigué, sonné par ces trois longues année de lutte contre le cancer, contre cette Anastasia qui s'était invitée dans mon corps et dont j'avais finalement, envers et contre tous, eu raison. J'étais aussi furieux contre le corps médical. Je le suis encore, à vrai dire. Contre ceux de ses membres qui ne comprennent pas la dimension humaine de leur job. En quittant DuPont et le gros garçon maintenant amorphe et à demi-réveillé quelques rares heures par jour, je me suis dit que j'ai finalement eu de la chance d'avoir été lucide et combatif tout au long de cette histoire, de ce… pèlerinage vers le retour à la vie.
Pendant cette période, j'ai vu deux amies et trois amis s'éteindre. Un cancer des ganglions, un cancer du sein, un cancer du côlon et deux cancers du poumon. Je ne suis pas médecin. Il ne m'appartient en aucun cas de juger les choix qu'ont faits mes amis. J'ai simplement pu observer qu'ils sont partis dans des souffrances physiques et surtout psychologiques indicibles, espérant toujours… confiant leurs restes de vie à d'autres… de chimiothérapies en radiothérapies… une longue et atroce descente aux enfers jusqu'à n'être plus que des ombres décharnées et mortes déjà depuis longtemps. J'ai fait un autre choix. Pas par peur de la mort, certainement pas. Juste pour être moi-même jusqu'au bout. Pour que Tobias… mes proches, celles et ceux que j'aime et qui m'aiment me voient m'en aller debout, le moment venu. Coquetterie ? Orgueil ? La vie de bâton de chaise que j'ai menée… j'ai toujours pensé que je mourrai jeune. Accident de moto… autres sports extrêmes… Quand ma famille et mes amis me traitaient de fou, je répondais en riant "Soy un novio de la muerte"… un fiancé de la mort. Elle n'a pas encore voulu de moi. Maintenant, je m'approche de la vieillesse. Cela me fait tout drôle. Tobias a quatorze ans, il faut que je l'emmène vers demain… Je dois lui apprendre que vivre, c'est d'abord ne pas avoir peur.
Chaque jour, je me réveille en pensant… Est-ce que j'ai rêvé tout ça ? Dehors, la vie… la lumière, le soleil… les gens… Annie est revenue de Grèce. Plus très sûre de ses sentiments… des explications un peu embrouillées… trop compliquées pour moi. Elle est repartie un peu brusquement… Astrid m'a téléphoné à son retour de Saint-Trop'. Nous nous sommes revus. Nous avons passé ensemble quelques belles nuits. Elle me rappelle régulièrement, vient passer une nuit, un week-end… sans attaches.
J'ai vu Miguel la semaine passée. Contrôle. Le poumon est normal. Plus trace de cancer. Cet été, j'irai voir Marian et Carl au Danemark. Mette viendra passer quelques jours ici en automne. Demain, nous sommes mercredi. Paula viendra mettre de l'ordre dans mon antre de vieux garçon, comme tous les mercredis. Les chats regardent par la fenêtre. Il faut que j'aille promener Doggie… La vie a repris son cours.
Il n'y a pas eu de grands changements. Si, quand même…
Bientôt six ans… En six ans, j'ai appris beaucoup. Sur la vie, sur les autres, sur moi-même. "Le mental, Miguel… le mental… c'est ça qui compte. Le reste c'est du pipeau…". Il ne faut jamais baisser les bras.
Commentaires
Bonjour,
Vous lire est un délice.
Il est des blogs qui interpellent, qui choquent, qui font sourire, voire rire. Le votre va au delà de ça. Il donne envie de vous connaitre et de faire comme cette équipe brésilienne : prendre soin de vous, vous apporter du bonheur sur le lit de l'hôpital, de vous adresser le plus tendre des sourires, de vous donner ce qu'on ne donnerait à personne d'autre !de faire une soupe dont vous parleriez si bien à tout le monde, de chanter en aspirant, de vous faire naître le plus beau des sourires et de vous donner l'équivalent en santé ! Merci pour ce moment agréable.
Je rêvais de pouvoir un jour dire à un écrivain (un vrai) ce que j'ai ressenti en le lisant ! voilà chose faite. ;o)
Pomme
Love you!!!
Evidement on est oblige de vous aimer, vous etes UNIQUE! quel parcours! quelle force de caractere, et quelle intelligence... du coeur! Merci, merci pour tout, pour ce delicieux recit et j'espere qu'il donnera a mon frere l'envie de continuer de se battre encore et toujours plus fort, plus loin. Merci aussi a toi Denis de m'avoir fait connaitre l'histoire de Per.
Oupsssssss
J'adore lire vos pensées les plus secrètes !
Deuxième lecture en cours, régal confirmé ! régal montant en flèche même !
Tout juste si on n'a pas envie de porter tous les prénoms de la terre pour être au moins citée une fois ! héhé ;-)
J'attaque la bataille demain.
Deuxième confirmation : quels talents !
Pomme vous salue bien !
AIMER
Merci ma sister d amour de m avoir dit de lire le blog de Per
une leçon de courage devant les blouses blanches je ne sais pas si je serais capable de dire non tellement j aurais la trouille
bravo pour cette leçon de vie , d'amour des autres et d'humour
du bonheur pour vous
cat
Vous reprendrez bien un peu de champagne mon "Vieil Ami"?
Youpi!
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